17 mai 2008

Oliver

Mardi 13 mai 2008,
Voilà un nouveau post pour vous raconter notre journée d’hier, où nous avons pu vraiment nous rendre compte de la vie des paysans de l’Altiplano. Pour commencer je dois vous expliquer que cela fait un peu plus de trois ans que nous parrainons un petit garçon, Oliver, via l’organisation Plan. Chaque mois nous versons quelques euros à cette O.N.G, argent qui sert à la communauté d’Oliver, surtout pour le développement, la protection e
t la scolarité des enfants, la santé et, plus largement, pour l’aménagement de points d’eau dans le village, et autres besoins pour les cultures. Le programme de Plan est très large, même s’il se préoccupe en premier lieu du cas des enfants. Le parrainage ne consiste pas seulement à donner de l’argent, mais nous permet également d’échanger avec le petit Oliver une correspondance assez régulière. Lorsqu’on a décidé de partir pour l’Amérique du Sud, il était, alors, pour nous évident de devoir lui rendre visite. Nous avons contacté l’organisation, qui de ce fait, a tout préparé.

Oliver et sa famille habitent un petit village paysan sur les rives du lac Titicaca, en Bolivie. C’est donc là que Hans, le guide que Plan avait mis à notre disposition, nous a conduit hier matin. Après 3 heures de route environ, la voiture s’est arrêtée devant une maison en construction, moitié en adobe, moitié en brique, et une petite bonne femme, cachée sous son bonnet de lama et ses nombreux jupons, nous a accueilli. C’était la maman d’Oliver. Petite femme très timide, elle ne comprenait pas bien l’espagnol et parlait seulement Aymarà, c’était donc assez difficile de rentrer en contact avec elle. Elle nous a ensuite fait entrer dans la cour de la maison, remplie de boue, à cause des fortes pluies de la veille au soir. Le père de la famille est arrivé, plus grand que sa femme, mais tout aussi timide. Il parlait mieux espagnol, et nous avons pu réussir à échanger quelques phrases. Nous nous sommes assis dans cette petite cour, sur un banc en bois qui c’est cassé la gueule au moins trois fois durant la visite. Pome et Léo étaient aussi intimidés que l’était Kik et moi. Comment rentrer en contact avec des gens si différents de nous ? Outre le barrage de la langue, le choc de deux cultures totalement opposées pesait sur nos épaules. C’est alors que trois petits gamins sont apparus. C’était Oliver, l’ainé, suivi d’Yvan et Lucrecia, les plus petits de la famille. J’étais très émue de voir enfin en chair et en os ce petit garçon que je n’avais vu alors qu’en photo. Après quelques mots échangés, la maman d’Oliver a servi le repas : elle a posé à même le sol un grand tissu multicolore où se trouvaient pommes de terre, fèves, différentes tubercules…le tout bien chaud, fumant sur le sol boueux et froid. Au centre, un bol de fromage frais en sauce épicé trônait. Le papa apporta également une grande assiette de fritures, petits poissons que lui-même avait pêchés dans le lac Titicaca. Repas simple, mais très bon. Tout le monde se servait avec les mains. Même le petit Léo, qui au début n’était pas très emballé, se laissa ensuite tenter, et la maman d’Oliver rigolait de le voir se servir et se resservir. Le repas mis tout le monde plus à l’aise, et une fois fini, le père nous invita dans la seule et unique pièce de la maison, histoire de se mettre au chaud. Oui, il faut dire qu’ici c’est l’hiver qui arrive et non pas l’été comme chez vous (chanceux !), et que sur l’Altiplano il fait très froid. Mais, lorsque Kik a demandé au papa s’il y avait un chauffage, celui-ci la regardé comme s’il n’était pas très net, en lui répondant, que bien sur que non car ils étaient habitués. On a un peu bavardé ainsi, Oliver nous a montré ses cahiers d’école, et nous nous sommes échangés quelques cadeaux. Sous les conseils de Plan, nous avions amené quelques vivres comme du riz, du sucre et de l’huile. En retour la famille nous a offert des pommes de terre, des tubercules, et un fromage, le tout de la maison, évidemment. Après un dernier au revoir, nous avons quitté la maison et Hans nous a amené voir les infrastructures que Plan a aidé à mettre en place au sein de la communauté. On a donc visité l’école, vu les jeux pour enfants, la bibliothèque et un nouveau « télécentro », où l’on peut téléphoner et aller sur internet. Nous sommes ensuite rentrés à La Paz, fatigués, mais heureux de voir que nous avions fait le bon choix en donnant notre confiance à cette O.N.G.

Voilà donc pour ce petit voyage dans notre voyage… La Bolivie est définitivement une planète à part. Hasta pronto chicos !! Jess… PHOTOS

4 commentaires:

Anonyme a dit…

On n'arrive pas à croire qu'au 20ème siècle, on puisse vivre encore ainsi.Mais ils ont l'air d'accepter leur sort avec philosophie et ainsi ne semblent pas trop en souffrir!
Vous avez dû être marqués par cette visite.
Besos y hasta pronto.

Anonyme a dit…

Hola chicos !

Que d 'émotions avec cette aventure humaine ! Jess tu sais trouver les mots pour décrire les aspects materiels et psychologiques de vos rencontres et pour ça : un grand bravo accompagné d 'un grand merci.
Je ne suis, pour ma part et malheuresuement, pas étonnée des conditions de vie que vous decrivez là. Heureusement que de telles ONG et de tels sympatisants (vous !) donnent de leur personne pour offrir un peu de mieux au quotidien.
Je vous embrasse fort
A tout bientôt !

Anonyme a dit…

Je m'imagines trés bien à votre place, votre post m'a beaucoup touché, et je ressents des choses assez fortes en vous lisant. Du plus profond de moi je voudrais me transformer en super héros, rétablir un certain équilibre. Et puis en fait, je me rapelles aussi que les supers héros ne font même pas ce genre de chose...
Je vois cette photo, avec ce repas posé sur ces jolies couvertures colorées, et je me dis que quand même j'aurais bien aimé vivre ce moment là. Malgrès tout, c'est tellement beau de se sentir tous humains, au même moment, autour d'un repas.
Voilà, en échange de votre vécu je vous livre à mon tour ma petite pensée, condensée, et (trés) personnelle de ce soir.
Gros gros bisous.
Barbara.

Anonyme a dit…

Cela devait être très émouvant comme moment...Je vois bien que derrière mon écran je l'ai été, alors, j'imagine pour vous.C'est formidable que ces 2 familles aient pu se rencontrer et mettre des visages sur ces noms du lointain...
Je remarque également, que seules les filles ont posté qqs choses!

TataSofSof